Les 8 salopards de Quentin Tarantino

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Nous lui donnons : ★★★★☆

Cela fait déjà un certain temps que tous les cinéphiles le savent : le « 8ème film de Tarantino » est sorti dans les salles obscures sous le nom : Les 8 salopards. Chaque membre de l’équipe a une appréciation différente des films de ce célèbre réalisateur mais nous avions cependant toutes hâte de découvrir sa nouvelle création.

L’histoire des 8 salopards se passe au 19ème siècle, quelques années après la Guerre de Sécession, dans les montagnes du Wyoming aux Etats-Unis. On découvre à travers les superbes plans des glaciers enneigés, la diligence conduisant le célèbre chasseur de primes, John Ruth, et sa prisonnière, Daisy Domergue, qu’il emmène se faire pendre à Red Rock. Ils sont arrêtés deux fois sur leur trajet et acceptent d’emmener avec eux deux autres protagonistes jusqu’à l’auberge de Minnie, relais qui leur permettra de s’abriter du blizzard qui fait rage. Une fois sur place, ils sont accueillis par quatre autres personnages. Coincés par la tempête, nous devenons spectateurs des liens qui existent, se créent ou se révèlent entre chacun de ces 8 (et quelques) personnages.

Les 8 salopards est un nouveau Tarantino qui nous a un peu divisé.
Tout d’abord, la communication autour du film, tout comme la bande annonce, qui montrait un film dont l’action prenait place dans les Etats-Unis du 19ème siècle – semblable à Django – nous a laissé penser à un nouveau western du réalisateur. Cependant, il n’y a selon nous que l’époque en commun entre ces deux films car Les 8 salopards s’inscrit dans la catégorie des huis clos et non du western. Le huis clos se définit par « portes closes » et est, de manière générale, un terme utilisé dans le droit (audience interdite au public) ou le cinéma (action se déroulant dans un seul lieu clos, entre les mêmes personnages du début jusqu’à la fin). Tarantino respecte donc selon nous parfaitement les règles de ce type de film et nous présente ici un huis clos réussi. Qui dit huis clos dit généralement intrigue mais aussi film plutôt lent, se concentrant sur les émotions, attitudes et interactions entre les personnages présents ; attention donc à ceux qui souhaiteraient de l’action digne de Django, Inglorious Bastard ou Kill Bill. Le film ne joue pas sur cette corde-là.
Une fois cette notion prise en compte, nous avons trouvé que le film était très bien réalisé. Les images sont superbes ; face au grand écran, on se sent frigorifié dans la montagne enneigée ou encore réchauffé au coin du feu de l’auberge de Minnie.
Le casting est à la hauteur de nos attentes et on trouve que Samuel L. Jackson est particulièrement bon, mais aussi Kurt Russell ou encore Jennifer Jason Leigh, incroyable dans son rôle de « femme » gangster.
Le film dure 2h48, ce qui est long pour un huis clos. Cependant, les moments que l’on pourrait qualifier de « longs » sont utilisés pour mettre en avant les images ou nourrir l’intrigue. Après coup, on ne saurait pas quels moments retirer. Nous pensons que cette longueur est assumée par Tarantino et plutôt réussie. Il faut cependant en avoir conscience et avoir envie de prendre son temps pour apprécier le film comme il se doit.
Enfin, nous avons trouvé le scénario et l’intrigue particulièrement bien menés. Pris par les histoires entre chaque personnage, on en oublie même l’enquête en cours jusqu’au chapitre du « Secret de Daisy ». On y replonge aisément pour se laisser guider par chaque nouveau rebondissement. On a aussi beaucoup apprécié la touche ‘farfelue’ qui rend certaines scènes délicieusement absurdes.
Enfin, nous avons peut-être été un peu déçues par la musique. Elle a semblé, à certains d’entre nous, moins poignante qu’elle n’a pu l’être pour le film Django. Après réflexion, ceux-ci pensent que cela devait être dû au « thème », présent sur le film précédent et non sur ce dernier film. D’autres ont en revanche apprécié la musique d’Ennio Morricone, fidèle aux westerns de leur jeunesse. La scène au piano est, selon certains, une scène clé du film, où l’image, la musique et le texte se marient à la perfection.
Certains d’entre nous ont également été déçus par le manque de nouveautés de la part du réalisateur. Ils auraient aimé qu’il s’attaque à quelque chose de nouveau et ont plus eu l’impression d’un mix entre des éléments déjà faits dans le passé. D’autres n’ont pas été dérangés par cela et ont aimé retrouver des thèmes considérés par eux comme phare du travail de Tarantino.

L’équipe de Badachaboum pense donc que ce dernier film est un bon Tarantino, moins accessible que ses 4 derniers longs métrages. Il plaira aux amateurs de huis clos, fans des acteurs et aux inconditionnels du style de Tarantino.

Copyright 2015 The Weinstein Company

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