La mort est mon métier de Robert Merle

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Alors que la pluie ne semble pas vouloir arrêter de tomber sur Paris, nous sommes particulièrement tentées par le fait de nous mettre sous la couette avec un bon livre. Plutôt que de vous conseiller une lecture pour la plage, nous avons donc décidé de vous parler d’un livre qui se lirait plutôt accompagné d’une grande tasse de thé chaud réconfortante.

La mort est mon métier de Robert MerleNous avons lu La mort est mon métier il y a quelques années de cela mais il a su nous marquer suffisamment pour qu’il reste encore maintenant un roman que nous n’hésiterions pas à relire avec intérêt.
Celui-ci raconte les prétendues mémoires de Rudolf Höß (renommé Rudolf Lang dans le roman), commandant du camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz durant la Seconde Guerre Mondiale.

Etant donné son thème, il va sans dire qu’il s’agit d’un roman sombre et dur mais, s’il nous a tellement plu, c’est qu’il met en avant de manière originale un sujet pourtant tant de fois traité. Nous ne sommes pas les plus grandes amatrices des films ou des écrits qui se déroulent durant la Seconde Guerre Mondiale ; nous pensons toutefois que s’il ne devait y avoir qu’un seul livre à lire sur cette période, ce serait celui-là.
Robert Merle imagine toute la psychologie du commandant d’Auschwitz : de son enfance qui l’a formée à son arrivée au commandement du camp puis à son procès. Nous suivons sa manière de penser – certes imaginée – tout en faisant face à l’atrocité qui s’est déroulée durant la guerre. L’écrivain ne se sert pas du pathos pour mettre en avant l’horreur des camps, il présente des faits singuliers comme les perçoivent chacun des personnages c’est-à-dire comme de simples ordres à suivre pour le militaire. Ce détachement suffit à lui-même pour comprendre comment la solution finale a pu être décidée tout en soulignant l’inhumanité des ordres donnés. Robert Merle explique ainsi, dans la préface qu’il écrit en 1972, que « tout ce que Rudolf fit, il le fit non par méchanceté, mais au nom de l’impératif catégorique, par fidélité au chef, par soumission à l’ordre, par respect pour l’Etat. Bref, en homme de devoir : et c’est en cela justement qu’il est monstrueux. »
Nous apprécions donc ce roman pour la manière intéressante et originale dont il traite d’un sujet que nous connaissons tous. Nous sommes également totalement admiratives du style du romancier. En effet, il manie la langue avec une facilité déconcertante. Le livre se lit donc très facilement malgré son sujet.

L’équipe de Badachaboum – Paris vous recommande donc chaudement La mort est mon métier qui, nous en sommes sûres, ne vous décevra pas malgré son thème.

« Il abaissa sur moi son regard :
- Je vous ai choisi, vous, à cause de votre talent d’organisateur…
Il bougea légèrement dans l’ombre et articula avec netteté :
- … et de vos rares qualités de conscience. »

La mort est mon métier de Robert Merle
Poche, 8,20€

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