La critique littéraire du 13 juin 2014.

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L’été approche à grands pas ; il fait beau, il fait chaud, donc quoi de mieux que de se poser sur un transat en terrasse ou à la plage avec un bon bouquin à lire ?
Pour cela je vous conseillerai ce mois-­ci les livres suivants : « Louisa et Clem » de Julia Glass et « Confidences à Allah » de Saphia Azzeddine.

 

A la recherche d’un livre à dévorer, mes yeux se sont posés sur le roman de Julia Glass (le titre ayant attiré mon côté narcissique je l’avoue : il est si rare qu’une héroïne se prénomme Louisa !).

Louisa-et-Clem-Badachaboum-Paris« Louisa et Clem » c’est l’histoire de deux sœurs qui s’aiment et se détestent. Louisa, l’aînée, est passionnée par l’art et souhaite construire une vie de famille bien tranquille, tandis que Clem est une aventurière, aime la nature et n’est pas fidèle aux hommes. Elles sont toutes les deux très différentes et ne s’entendent pas très bien mais les aléas de la vie vont peu à peu les rapprocher…

Le roman débute en 1980 à la fin de leurs adolescences, et s’achève en 2005 dans leurs âges d’adultes mûrs. L’histoire est contée par les deux femmes tour à tour, chacune prenant la parole et suivant la chronologie des moments les plus marquants de leurs vies. L’auteur parvient à décrire parfaitement les émotions et interrogations, alternant humour et tragédie. Le début du roman peut paraître un peu long – on ne sait pas trop où veut nous mener l’auteur ; il s’agit juste d’une description de la vie de chacune mais ce sentiment s’atténue au fil des pages : on s’attache aux jeunes femmes (ainsi qu’aux personnes marquantes de leurs vies), on s’identifie et surtout, on comprend qu’elles sont liées par un secret que l’on a vite envie de découvrir…

C’est un roman parfait à lire cet été, qui vous donnera envie de le dévorer afin de découvrir quel sort est réservé à ces sœurs liées par une haine­-amour bouleversante !

« Louisa pense que cela me facilite la vie – d’être la préférée. Elle ne comprend pas que si vous êtes source de déception, ou si vous choisissez une voie jugée bizarre ou inacceptable, votre combat est perdu d’avance, non ? De l’autre côté de la barrière – le mien –, toute attente satisfaite (ou qui pourrait l’être, volontairement ou non) vous hisse à un échelon plus proche du bord de cette immense falaise d’où vous pourriez un jour gouverner le monde – ou vous écraser au sol avec panache. » (p.9)

« Louisa et Clem » de Julia Glass
Edition J’ai Lu : 7,22 euros

 

Un univers un peu plus sombre maintenant à travers le roman « Confidences à Allah » de Saphia Azzeddine.

confidences-allah-Badachaboum-ParisJe vous parlais le mois dernier d’un autre roman de cette auteure « Mon père est femme de ménage » ; voici son premier livre, le plus marquant à mon goût.

Jbara est une jeune bergère des montagnes perdues au fin fond du Maroc. Elle vit aux côtés de sa famille nombreuse dans une misère effroyable. Paysanne et servante, elle se prostitue de temps à autre pour quelques friandises. Le seul lien qu’elle a avec le monde extérieur c’est le car de touristes voyeuristes qui viennent observer la misère humaine et la prendre en photo. Jbara est belle, innocente, mais rêve d’un ailleurs. Celui-ci lui est accessible le jour où une valise tombe d’un car de touristes américains. Commence alors une nouvelle vie pour la jeune paysanne, qui connaîtra la prostitution, la prison mais également le pouvoir de la beauté. Mais quels espoirs pour une femme illettrée et pauvre dans un monde d’hommes hypocrites où la femme est moins que rien ?

Ce roman est écrit sous la forme d’un long monologue dans lequel la jeune fille se confie à Allah, seul être en qui elle a confiance. Elle le chéri, le déteste, se révolte et l’admire. L’auteur utilise des propos crus, dérangeants, vulgaires et déplacés, à la hauteur des situations que vivent trop de femmes aujourd’hui.

On ne sort pas indemne de la lecture de ce livre poignant et brutal que je recommande !

« L’imam commence son prêche, moi j’ai la dalle. Aujourd’hui, il parle des femmes et de leurs devoirs envers leurs maris, frères, fils, cousins, neveux, pères, grands­-pères, arrière-­grands-­pères, petits-­fils, arrière-­petits-­fils, beaux­-frères, beaux-­fils, cousins éloignés, cousins du troisième degré, etc. Mais quand même, il souligne que sans la bénédiction de la mère, les enfants, donc les hommes aussi, ne connaîtront jamais le bonheur sur terre ni le paradis céleste. Ouf, j’ai eu peur qu’on n’ait rien en retour. Seulement, il faut être mère… Je ne suis qu’une femme… Vite, j’oublie. » (p.100)

« Confidences à Allah » de Saphia Azzeddine.
Edition Leo Sheer : 15 euros.

 

 

Bonne lecture à vous !

Louisa

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