La critique littéraire des (futures) vacances

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Cela fait quelque temps que l’équipe de Badachaboum – Paris n’a pas pris le temps de vous parler lecture. Le temps de prendre nos marques dans notre nouvelle organisation et voilà que les semaines défilent sans que l’on vous partage nos coups de cœur littéraire. Et pourtant, il y en a eu ! Même s’il reste encore quelques mois avant de pouvoir partir en vacances, on a décidé de profiter des quelques rayons de soleil de ces derniers jours et des futurs ponts du mois de mai pour nous projeter et ainsi vous proposer un top 3 des livres à lire au bord de la piscine.

Vivre pour la raconter de Gabriel Garcia Màrquez

On vous a déjà parlé de Cent ans de solitude, du même auteur, que nous aimons beaucoup. Sur les conseils d’une de nos mamans, grande amatrice de la littérature hispanophone, nous nous sommes alors penchées sur l’autobiographie romancée de Gabriel Garcia Màrquez, Vivre pour la raconter.

Vivre pour la raconter de Gabriel Garcia MàrquezLe Colombien, Gabriel Garcia Màrquez, raconte ici la vie qu’il a mené durant sa jeunesse – plus précisément entre les années 1927, où il est né, et son départ en Europe, en 1955.
A travers son histoire personnelle, l’auteur décrit un monde qui nous est totalement inconnu. On découvre ainsi un pays où les tempéraments peuvent parfois être aussi chauds que le climat, où la politique et la société ne se comprennent pas toujours et où il faut travailler dur si l’on n’a pas la chance de faire les bonnes rencontres.
Avec son style selon nous bien à lui – qui nous rappelle le seul autre roman que l’on a lu de lui – Gabriel Garcia Màrquez nous transporte véritablement dans la Colombie de sa jeunesse. Il ne semble pas chercher à se mettre en avant à travers ses écrits mais plus à dépeindre une société telle qu’il s’en souvient. On ressent d’ailleurs presque de la nostalgie entre les lignes qui défilent. On n’a guère le temps de s’ennuyer puisque les mésaventures du jeune écrivain se suivent mais ne se ressemblent pas.

Vivre pour la raconter est une autobiographie que nous avons trouvé facile à lire et qui nous a plu parce qu’elle nous a permis d’en apprendre plus sur un pays que l’on ne connaît pas et sur la vie d’un auteur que nous apprécions. Mais au-delà de l’aspect historique du livre, c’est un livre que l’on dévore parce qu’il arrive à nous faire sortir de notre quotidien.

« Je me souviens comme d’une torture du brossage de dents matinal que m’infligeait Mina, alors qu’elle jouissait du privilège magique de pouvoir enlever les siennes pour les laver et les plonger la nuit dans un verre d’eau. Convaincu qu’il s’agissait de sa dentition naturelle qu’elle mettait et ôtait grâce à ses artifices de guajira, je voulus qu’elle me montre l’intérieur de sa bouche afin de voir de l’intérieur ses yeux, son cerveau, son nez, ses oreilles et je fus déçu de ne rien découvrir d’autre que son palais. Mais personne ne m’expliqua ce prodige, et je m’obstinai longtemps à réclamer au dentiste qu’il me fasse la même chose qu’à ma grand-mère, afin qu’elle brosse mes dents pendant que je jouais dans la rue. »

Vivre pour la raconter, de Gabriel Garcia Marquez - Poche, 8,30€

Au revoir Là-Haut de Pierre Lemaitre

Si nous nous sommes intéressées au roman de Pierre Lemaître, c’est parce que son adaptation cinématographique d’Albert Dupontel a beaucoup fait parler d’elle. En effet, de nombreuses personnes de notre entourage nous en ont dit un bien fou et, curieuses, nous avons voulu découvrir cette oeuvre. Sauf que, plutôt que d’aller au cinéma, nous avons choisi de la lire. C’est en écrivant cette critique que l’on découvre que de nombreux prix littéraire, dont celui du Goncourt 2013, lui ont été décernés.

Au revoir Là haut de Pierre LemaitreAprès une Première Guerre mondiale dévastatrice, Edouard Péricourt et Albert Maillard doivent affronter un retour à la vie normale compliqué. Chacun devant sa survie à l’autre, une amitié forte naît entre les deux hommes qui doivent affronter un quotidien difficile puisque l’argent est dur à gagner et que la société ne les aide finalement pas. Pour se venger de l’ingratitude de l’Etat, ils décident de mettre au point une escroquerie pour dénoncer le patriotisme hypocrite de l’après-guerre : vendre des monuments aux morts fictifs aux municipalités.

Rassurez-vous, si le sujet de la guerre n’est pas votre préféré, ce roman se sert juste d’un contexte particulier pour raconter une histoire qui en sort complètement. Le début décrit certes des situations réalistes difficiles mais on l’oublie finalement rapidement pour partir avec Edouard et Albert à travers une quête vengeresse époustouflante. A la fois très réaliste et complètement poétique, ce roman nous a véritablement transporté. Pierre Lemaitre arrive à décrire l’état d’esprit mais également la psychologie plus poussée et la vie parisienne avec une facilité déconcertante. On se retrouve plongé dans cette histoire que l’on vit presque entièrement avec les protagonistes; on ressentirait leurs maux si on le pouvait !
C’est un livre beau et fort qui réussi à nous faire rire mais également à nous faire pleurer – nous qui lisons principalement dans le métro, on vous laisse imaginer la situation cocasse qui en a découlé.

On a entendu dire que Au revoir là-haut n’est pas vraiment représentatif des romans de Pierre Lemaitre qui serait plutôt spécialisé dans les thrillers. Nous n’avons pas encore eu le temps de lire un autre de ses livres pour comparer, en revanche on peut vous assurer que celui-ci mérite cent fois d’être lu. A noter que l’histoire est inspirée d’une histoire vraie : très romancée, il faut le dire, mais on trouve ce point plutôt amusant.

« - De commettre… un sacrilège ! Voler l’argent des monuments aux morts, c’est comme profaner un cimetière, c’est un… outrage patriotique ! Parce que, même si le gouvernement y met un peu de sa poche, l’essentiel de l’argent pour ce genre de monuments, il vient d’où ? Des familles des victimes ! Des veuves, des parents, des orphelins, des camarades de combat ! A côté de toi, Landru va passer pour un communiant. Tu auras tout le pays à tes trousses, tout le monde contre toi ! Et quand on te rattrapera, tu auras droit à un procès de pure forme parce que la guillotine sera montée à ton intention depuis le premier jour ! Alors, je sais que ta tête, tu es fâché avec. Sauf que la mienne me convient encore assez bien ! »

Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre – Poche, 8,70€

Tokyo Vice de Jake Adelstein

Après l’avoir aperçu dans notre petite librairie de quartier où il était franchement mis en avant comme un livre devant impérativement être lu puis dans une grande chaîne qui mettait en avant son Prix du meilleur Polar des lecteurs de Points, nous avons cédé et acheté Tokyo Vice. Malgré cela, on a encore eu du mal à nous poser pour le lire, peu motivées à lire un livre policier ancré dans l’univers décrit en quatrième de couverture. Puis, un jour, on a ouvert le livre et depuis ce moment là, nous avons fait parti du même club que celui des lecteurs de Points et de notre petite librairie de quartier.

Tokyo Vice de Jake AdelsteinEncore une histoire vraie, celle de Jake Adelstein, 24 ans, journaliste américain qui parvient à intégrer le plus grand quotidien japonais, le « Yomiuri », et plus précisément son service police et justice, « le Yomiuri Shimbun ». Il suit alors la police mais également la mafia japonaise pour obtenir le scoop avant tout le monde, parfois au risque de sa propre vie…

A travers son travail, Jake Adelstein décrit la société japonaise. Au-delà des images que l’on peut avoir du pays du soleil levant, on découvre le fonctionnement d’une société qui nous est très éloignée. Le journaliste dépeint une culture qu’il aime indéniablement mais il reste objectif face aux travers qui la peuple. Son style simple est agréable à lire au point que l’on dévore rapidement les nombreuses pages du livre. Si l’on ne plonge pas directement au côté des Yakusa, l’auteur raconte tout le travail qu’il a du fournir pour atteindre son poste ce qui nous permet de comprendre de manière plutôt claire la culture japonaise. C’est d’autant plus intéressant qu’il nous apporte le regard d’un Américain, plus proche de notre culture occidentale, face à celui des Japonais. En dépit des images parfois dures qui peuvent être dépeintes, Jake Adelstein arrive tout de même à nous amuser.

Tokyo Vice est donc un livre très intéressant qui nous permet de découvrir la culture contemporaine d’un pays que nous connaissons peu. En nous décrivant son parcourt, le journaliste dépeint une image réelle parfois belle et parfois effrayante du Japon. On aime ce livre pour ça mais aussi parce qu’il nous transporte, encore une fois, loin de notre quotidien et de notre voisin de siège de métro parisien.

« Les Japonais ont un mot si subtil et compliqué pour désigner la tristesse qu’aucune traduction ne lui rend justice.
Setsunai est habituellement traduit par triste, mais il écrit plutôt un sentiment de tristesse et de solitude si fort que vous pouvez le sentir physiquement dans votre poitrine, comme si vous étiez oppressé, comme si vous ne pouviez plus respirer : une tristesse physique et tangible. Il y aussi ce mot, yarusenai, qui désigne une peine ou une douleur si intense que vous ne pouvez pas vous en débarrasser, qu’il est impossible d’en faire le deuil. »

Tokyo Vice de Jake Adelstein – Poche, 8,40€

On profite indéniablement de nos lectures pour voyager loin, pour découvrir des mondes qui nous sont inconnus ou plus simplement pour nous faire rêver. On vous conseille ces livres qui ont su transformer notre quotidien et que l’on prendrait autant plaisir à relire dans le métro parisien que sur une plage ensoleillée.

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