La critique littéraire de Noël

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Alors que le froid est revenu en force à Paris et que nous ne fantasmons que d’une chose – nous installer avec un livre et une boisson chaude sous une couette, nous avons pensé que la période des fêtes était une excellente excuse pour offrir des livres à son entourage. Nous avons ainsi décidé de vous conseiller trois romans d’un genre différent afin de satisfaire le maximum de gens autour de vous.

Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes

Nous avons choisi de débuter cette critique en vous parlant d’un livre que nous avons lu il y a quelques années de cela mais qui a su nous marquer profondément.
Des fleurs pour Algernon est un roman de science-fiction qui a obtenu le prix Nebula du meilleur roman l’année de sa publication, en 1966. Il est d’ailleurs considéré comme un classique de la science-fiction et a ensuite été adapté au cinéma ainsi qu’au théâtre.

 Des fleurs pour Algernon de Daniel KeyesAlgernon est une souris de laboratoire à l’intelligence décuplée suite à une expérience du Professeur Nemur et du Docteur Strauss. Prêts à passer à l’étape suivante, les scientifiques décident, avec l’aide de la psychologue Alice Kinnian, de tester leur découverte sur Charlie Gordon, un jeune apprenti boulanger qui souffre d’un retard mental. Les nouvelles facultés du jeune homme lui permettent de découvrir un autre monde dans lequel il est capable de comprendre les études de deux savants mais également d’entretenir une relation amoureuse. Lorsque les capacités d’Algernon commencent à décliner, Charlie comprend que le temps lui est compté…

Le roman est raconté directement depuis le point de vue de Charlie à qui l’on a demandé d’écrire des comptes rendu. Ce choix narratif est, de premier abord, perturbant, car les premières pages sont difficiles à lire en raison d’un nombre beaucoup trop important de fautes d’orthographe. Le jeune homme écrit effectivement comme il pense, c’est-à-dire comme un enfant de six ans. Au fil de la lecture, sa progression se fait sentir et nous vivons finalement en même temps que lui son acquisition de son savoir qui sera particulièrement développé. Nous comprenons alors que le choix narratif était peut-être la première raison pour laquelle nous avons été profondément marquées par le roman : nous nous attachons à Charlie et nous vivons ses joies et ses peines en même temps que lui. Des fleurs pour Algernon est également l’occasion de revoir les bases de notre vie et de notre société : il souligne l’importance de la connaissance mais également des rapports sociaux que nous entretenons les uns avec les autres. Il nous permet de nous confronter à cette rumeur tant répandue que les plus simples d’esprits sont plus heureux car ils pensent moins que les plus savants d’entre nous. Ce roman de science-fiction nous amène donc à réfléchir longuement tout en nous amenant à ressentir de fortes émotions pendant toute la durée de notre lecture.

L’équipe de Badachaboum – Paris vous recommande donc la lecture du roman de Daniel Keyes, Des fleurs pour Algernon, car il a réussi à nous toucher fortement. Ecrire cette critique nous a d’ailleurs vraiment donné envie de le lire de nouveau !

« Si l’opération réussi bien je montrerai a cète souris d’Algernon que je peux être ossi un télijen quelle et même plus. Et je pourrai mieux lire et ne pas faire de fotes en écrivan et apprendre des tas de choses et être comme les otres. »

Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes – Poche, 6€

Quelqu’un d’autre de Tonino Benacquista

Nous continuons avec un roman plus classique de Tonino Benacquista dont nous apprécions les écrits.
En plus d’avoir un faible pour ses romans, nous avions beaucoup aimé l’adaptation cinématographique de son roman Malavita (dont nous vous parlions ici).

A la suite d’une partie de tennis, Thierry et Nicolas, deux quarantenaires, se retrouvent Quelqu'un d'autre de Tonino Benacquistadans un bar pour refaire le monde. Après plusieurs verres alcoolisés, ils en arrivent à formuler un pari : devenir celui qu’ils ont toujours secrètement rêvé d’être. Ils se donnent alors rendez-vous dans trois ans, dans le même bar, pour faire le point sur leur histoire…

Nous avons gardé un bon souvenir de ce roman bien qu’il ne soit pas totalement parfait. L’histoire nous a porté tout du long et nous étions curieuses de connaître la finalité de chacune des histoires. Il est effectivement intéressant de se pencher sur la psychologie de chacun des personnages et de comprendre pourquoi et comment ils en arrivent là. On se demande également si cette décision est la meilleure : qui va donc sortir plus heureux de cette mésaventure ? Bien évidemment, on accroche plus avec un personnage qu’avec l’autre ; pour notre part, nous avons lu avec un plus grand intérêt l’histoire de Thierry qui souhaite devenir détective privé et qui a recourt à de la chirurgie esthétique pour arriver à ses fins. Nous trouvons néanmoins qu’il existe une sorte d’équilibre entre les deux histoires et nous regrettons presque que l’auteur n’approfondisse pas plus la conclusion de son oeuvre. Finalement, même si nous avons du mal à juger la véracité des faits et que nous aurions plutôt tendance à associer l’histoire à un téléfilm pouvant passer à la télévision durant un après-midi, cela ne nous empêche néanmoins pas de passer un agréable moment en lisant un livre au style fluide et à l’histoire divertissante.

L’équipe de Badachaboum – Paris vous recommande donc le roman de Tonino Benacquista, Quelqu’un d’autre, dont nous avions apprécié l’histoire.

« A quoi bon vouloir devenir quelqu’un d’autre ? Si nous sommes devenus nous-mêmes, c’est que les choix n’étaient pas si mauvais. »

Quelqu’un d’autre de Tonino Benacquista – Poche, 7,70€

La bête et la belle de Thierry Jonquet

Pour finir, nous avons choisi de vous parler d’un roman policier écrit par le français Thierry Jonquet et publié dans les années 1980, La bête et la belle.
Nous avions découvert ce roman noir au lycée mais il a réussi à nous marquer profondément grâce à son originalité.

 La bête et la belle de Thierry Jonquet Le commissaire Gabelou est bien embêté : son principal suspect est dans le coma et son seul témoin refuse de parler. Contraint d’écouter les cassettes audio-témoignages enregistrées par Le Coupable, Gabelou a fini par se prendre d’affection pour le Vieux Léon, le témoin et seul ami du Coupable qui était hébergé, pendant neuf mois, par ce dernier…

Très sombre, l’histoire de La bête et la belle est bien éloignée de celle des contes pour enfants. Ici, la mort rode, tout comme la maladie et plus particulièrement le syndrome de Diogène puisqu’un personnage est atteint de la déviance appelée syllogomanie qui consiste à accumuler compulsivement des objets divers, de la nourriture, des détritus, des excréments… Le roman se construit à trois voix : celles du Vieux Léon, du Coupable et de Gabelou. Cela permet de vivre les découvertes au fur et à mesure, la révélation finale étant celle qui nous surprend le plus ! On ne s’en remet d’ailleurs pas totalement et on aurait presque envie de relire, immédiatement, le livre pour aller à la recherche des indices qui auraient pu se glisser ici et là et nous permettre de deviner ce retournement de situation. Le choix narratif permet également de suivre la psychologie des personnages : on ne connait d’ailleurs pas le nom des personnages qui sont principalement désignés par leur rôle dans l’histoire. Bien que nous connaissions Le Coupable dès le début, et que nous découvrons tout au long du roman ses motivations, nous restons totalement surprises par le dénouement de ce roman noir. A vous de découvrir, qui est La belle et qui est la bête !

L’équipe de Badachaboum – Paris a pris un réel plaisir à lire La bête et la belle que nous recommandons aux amateurs de roman noir mais également à ceux qui souhaitent être surpris !

« Je sais tout, je sais tout, c’est vite dit… S’ils comptent sur moi pour les aider, les flics peuvent toujours s’accrocher ! Je ne ferai pas le moindre geste ! Tant pis pour tout le monde. Parce que c’est mon copain. Le seul que j’ai jamais eu dans ma sale vie. Et le Gabelou, je le regarde s’agiter sans broncher. Il voudrait bien savoir, pourtant. Mais la Vieille, le Gamin, le Commis, et le Visiteur, je m’en tape, moi… »

La bête et la belle de Thierry Jonquet – Poche, 6,50€

Nous espérons que ces trois romans vous aideront à finaliser vos cadeaux de Noël ! N’hésitez pas à nous conseiller vos lectures pour donner d’autres idées !

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  1. mmadi

    merci pour ces commenraires!

    • Lisa Bada

      Merci à toi !

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