La critique littéraire de l’été

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Le mois de juillet est déjà arrivé sur Paris, amenant avec lui les tant attendues vacances d’été. Pour vous accompagner dans les quelques instants de repos que vous pourrez avoir ce mois-ci, l’équipe de Badachaboum – Paris vous a préparé une sélection de 3 livres, aussi variés que divertissants.

Ravage de René Barjavel

Nous avons découvert ce roman français de science-fiction grâce à l’un de nos professeurs durant nos années lycéennes. Malgré les nombreuses années qui ont passées, le thème et l’histoire nous a suffisamment marqué pour que nous nous en rappelions comme un roman de qualité.

Ravage de René BarjavelPublié dans les années 1942, Ravage est un des romans les plus connus de René Barjavel. Il a reçu le « Prix des Dix », un prix littéraire décerné par dix humoristes qui souhaitaient remplacer les Académiciens du Prix Goncourt.

Dans les années 2052, la société repose principalement sur la technologie : les véhicules se déplacent dans les airs, les écrans dominent les maisons, … Un jour, une panne d’électricité touche l’ensemble de la planète. Alors que cette ressource essentielle ne semble pas vouloir revenir, il devient nécessaire de s’adapter pour survivre. Le héros, François Deschamps, décide alors de partir à la campagne dans le but de se rapprocher de la nature…

Nous gardons un souvenir très vif de ce roman qui donc marqué notre jeunesse – et qui peut d’ailleurs peut-être expliquer notre petit penchant pour les romans de science-fiction… Nous nous rappelions nous être très rapidement projetées dans les péripéties des personnages, convaincues que nous ne survivrions pas à une telle pénurie. Il est alors particulièrement intéressant d’étudier la critique très claire de la société que présente René Barjavel. Notre dépendance aux technologies nous fait perdre de vue le principal qui réside dans l’humain et le naturel. Le livre nous amène à vraiment réfléchir sur notre société, même si nous ne sommes pas forcément d’accord avec toutes ses conclusions, nous pensons qu’il est intéressant d’y penser.

L’équipe de Badachaboum – Paris vous recommande donc la lecture de Ravage de René Barjavel et vous propose de profiter des vacances pour réfléchir sur la société contemporaine.

« La matière et l’énergie ne sont qu’un. Rien ne peut en disparaître, ou tout disparaîtra ensemble. Ce qui se passe, c’est un changement dans les manifestations du fluide électrique. Un changement qui nous bouleverse, qui démoli tout l’édifice de science que nous avions bâti, mais qui n’a sans doute ni plus ni moins d’importance pour l’univers que le battement de l’aile d’un papillon. »

Ravage de René Barjavel – Poche, 8,20€

Le Nom de la rose d’Umberto Eco

Voici une autre histoire qui a bercé notre jeunesse ! Publié en 1980, le roman policier de l’Italien Umberto Eco est adapté au cinéma en 1986 par Jean-Jacques Annaud : nous connaissions d’ailleurs l’adaptation cinématographique avant de connaître le livre.

Le nom de la rose d'Umberto EcoEn 1327, Guillaume de Baskerville, ex-inquisiteur, accompagné de son secrétaire Adso de Melk, se rend dans une abbaye bénédictine, située entre Provence et Ligurie, réputée pour sa bibliothèque et la science de ses moines. L’abbé le prie alors de découvrir le mystère qui pousse ses moines à se suicider. Sept assassinats en sept jours vont alors rythmer la vie monastique tandis que Guillaume de Baskerville mène l’enquête…

Il y a maintenant déjà plusieurs années que nous avons lu Le Nom de la rose et, rien que de le redécouvrir dans notre bibliothèque nous donne envie de le relire. Malgré le temps qui a passé, nous nous souvenons toujours de l’identité du tueur ainsi que de la raison de ses actes. Nous nous rappelons également avoir dévoré ce roman policier qui nous avais passionné. En le feuilletant pour écrire cette critique, on réalise que la structure du livre est plus que réfléchie puisque le sept y a une importance particulière. Nous ne nous souvenons pas avoir découvert le meurtrier avant que l’auteur ne le dévoile en revanche l’explication qui nous est fournie nous convainc.
Nous pensons que nous l’avons alors lu trop jeune et que de nombreuses réflexions ne nous ont pas autant percutées qu’elles ne le feraient de nos jours ; nous ne manquerons donc pas de prendre le temps de le relire !

L’équipe de Badachaboum – Paris vous conseille principalement Le Nom de la rose pour son histoire policière mais nous sommes convaincues qu’il s’agit de bien plus qu’un simple roman policier.

« - Adso, dit Guillaume, résoudre un mystère n’est pas la même chose qu’une déduction à partir de principes premiers. Et ça n’équivaut pas non plus à recueillir une bonne quantité de données particulières pour inférer ensuite une loi générale. Cela signifie plutôt se trouver en face d’une, ou deux, ou trois données particulières qui apparemment n’ont rien en commun, et chercher à imaginer si elles peuvent être autant de cas d’une loi générale que tu ne connais pas encore, et qui n’a peut-être jamais été énoncée. »

Le Nom de la rose d’Umberto Eco – Poche, 7,90€

La danseuse d’Izu de Yasunari Kawabata

Enfin, nous avons récemment découvert un recueil de nouvelles japonaises ; c’est un cadeau d’anniversaire entre Badachaboumiennes qui nous a permis de l’acquérir. Après avoir lu La tombe des lucioles, nous étions curieuses de découvrir ces nouveaux écrits asiatiques.

La danseuse d'Izu de Yasunari KawabataLa danseuse d’Izu est donc un recueil de cinq nouvelles de Yasunari Kawabata, Prix Nobel en 1968, qui raconte le Japon des années 30-40. Des jeunes et des moins jeunes sont mis en scène ici et racontent leurs amours comme leurs peines qu’ils croisent dans leur quotidien.

Nous connaissions Kawabata de nom mais n’avions jamais eu l’occasion de lire un de ses écrits, c’est maintenant chose faite ! Notre première pensée à la fin de la première nouvelle est que l’auteur est un poète. Il réussit à nous transporter avec mélancolie dans ce Japon que l’on ne connait finalement pas mais que l’on entrevoit, notre envie de le découvrir grandissant au fur et à mesure des mots. Toutes les nouvelles ne nous touchent pas de la même manière ; certaines nous transportent plus que d’autres, mais nous arrivons à plusieurs reprises à oublier que nous sommes dans un métro parisien bondé pendant que l’on parcourt les quelques lignes. Le recueil se lit très rapidement – il nous a fallu un jour pour lire les 124 pages qui le composent – mais il nous touche indéniablement.

L’équipe de Badachaboum – Paris vous recommande donc le recueil de nouvelles La danseuse d’Izu pour sa poésie mélancolique et pour la découverte du Japon qu’il permet.

« J’entrai donc, n’ayant pas soupçonné qu’ils pourraient être encore couchés. Je restai planté sur le seuil, bien embarrassé : la danseuse était étendue, rougissante, à mes pieds, dans un lit qu’elle partageait avec une autre jeune fille. Elle se cacha le visage dans les mains d’un geste brusque. L’épaisse couche de fard qu’elle portait la nuit précédente lui plâtrait encore le visage mais le rouge à lèvres et le trait vermillon du coin des yeux avaient un peu bavé. Son attitude, son émotion me troublèrent. Elle se retourna dans le lit comme si la lumière l’éblouissait, puis se glissa hors des couvertures et vint s’agenouiller dans le couloir. »

La danseuse d’Izu de Yasunari Kawabata – Poche, 5,90€

Nous espérons donc que ces quelques livres vous permettrons de profiter de vos vacances comme il se doit. N’hésitez pas à nous donner vos avis dessus une fois que vous les aurez lu !

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