Critique littéraire du 13 septembre 2014

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Je finis à peine le livre que j’ai entre les mains, à moitié nue sur le sable, l’eau me caresse les pieds et le soleil se couche peu à peu… Je pourrais vous décrire ce sublime paysage pendant des heures, mais je vais plutôt vous présenter deux romans que j’aimerais vous donner envie de lire ce mois-ci.
« Notre cœur » de Guy de Maupassant et « Les gens heureux lisent et boivent du café » de Agnès Martin-Lugand.

Pour commencer je vais vous parler de « Notre cœur ». J’ai découvert cette œuvre assez méconnue de Maupassant (6ème et dernier roman écrit par l’auteur) il y a quelques mois et souhaite vous en parler aujourd’hui car il mérite d’être conseillé et honoré.

Notre-coeur-Maupassant-Badachaboum-ParisMaupassant conte l’histoire d’une femme, Mme de Burne, jeune veuve qui est le centre d’attention d’une cour d’hommes intellectuels et artistes qui se réunissent plusieurs fois par semaine dans son salon dans l’espoir secret de décrocher un beau mariage. Mais traumatisée par un mariage chaotique et un mari violent, cette belle jeune femme se comporte comme une vraie mangeuse d’hommes, jouant de manière perverse de ses pouvoirs de séduction indéniables.
André Mariolle, jeune homme arrivant dans le cercle, tombe immédiatement sous son charme. Il devient la proie idéale de Mme de Burne : elle se joue de lui, l’attire, le rejette, le soumet. Mariolle s’éprend d’un amour ardent pour elle, souffre et devient esclave de cette relation empoisonnante.
L’auteur décrit une situation qu’il a connu peu de temps avant sa mort, qui l’a rendu fou. Il s’agit d’une relation malsaine, de dépendance entre une femme qui domine, voire assujettit un homme faible, malade d’amour…
Mariolle (à noter la symbolique des noms utilisés pour les protagonistes de cette œuvre : De Burne pour la femme castratrice et Mariolle pour l’homme pantin…) n’en vient plus qu’à exister à travers elle, à nier sa propre personnalité pour pouvoir passer un moment avec cette femme qui le rejette peu à peu car ayant trouvé un nouveau jouet avec qui s’amuser.

Ce chef d’œuvre décrit parfaitement la spirale néfaste et pernicieuse que peut parfois être l’amour. Malgré l’envie du héros de s’en sortir, des séquelles resteront à vie…

Je recommande les yeux fermés ce chef d’œuvre de Guy de Maupassant ! Il est dans la lignée de tous ces romans d’apprentissage, d’éducation sentimentale et sexuelle écrits par ces auteurs légendaires tels que Balzac et Zola. Sauf que, contrairement à d’habitude, ici n’est pas dépeinte la montée d’un jeune homme triomphant dans un milieu aristocrate à Paris mais l’exact contraire : une femme qui réduit à néant un homme trop épris d’amour.

« Elle avait fait naître si souvent, avec une adresse féline et une curiosité inépuisable, ce mal secret et torturant dans les yeux de tous les hommes qu’elle avait pu séduire ! Cela l’amusait tant de les sentir envahis peu à peu, conquis, dominés par sa puissance invincible de femme, de devenir pour eux l’Unique, l’Idole capricieuse et souveraine ! Cela avait poussé en elle tout doucement, comme un instinct caché qui se développe, l’instinct de la guerre et de la conquête. » (p.50)

« Notre cœur » de Guy de Maupassant
Edition Folio classique : 6,20 euros.

« Les gens heureux lisent et boivent du café » de Agnès Martin-Lugand fait beaucoup parler de lui en ce moment. J’ai donc naturellement voulu savoir de quoi le livre en retournait.

LesGensHeureuxLisentEtBoiventDuCafé-AgnèsMartinLugand-Badachaboum-ParisC’est l’histoire de Diane qui perd son mari et sa fille dans un accident de voiture. Elle doit tout reconstruire suite à cette tragédie. Après avoir vécu différentes phases du deuil notamment celles de la colère et de la tristesse, elle décide de fuir son ancienne vie, de s’exiler en Irlande sans réelle envie de retrouver le goût à la vie.
Elle y rencontre des gens chaleureux malgré son acharnement à vouloir rester seule. Elle y rencontre notamment un voisin tout d’abord odieux puis peu à peu attirant…

L’auteur nous fait passer un agréable moment en lisant ce livre : elle nous permet de suivre le destin d’une femme brisée par une tragédie, qui se reconstruit peu à peu. Les phrases sont légères, les mots vont à l’essentiel. Certains trouveront que c’est un style trop simple et peu élaboré, d’autres penseront certainement que c’est un petit bijou.
Quant à moi, je pense que ce livre est à placer dans la catégorie des romans qui se laissent lire, simplement, comme un Foenkinos ou un Gavalda, sans prétention.
Je vous en conseille donc la lecture pour l’écriture légère mais sans grande attente.

« Si je commence une histoire avec toi, je te reprocherai un jour ou l’autre de ne pas être lui…d’être toi. (…) Tu n’es pas ma béquille, ni un médicament, tu mérites d’être aimé sans condition, pour toi seul et non pour tes vertus curatives. » (p.170)

« Les gens heureux lisent et boivent du café » d’Agnès Martin-Lugand
Edition Pocket : 6,20 euros.

Bonne lecture à vous !

Louisa

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