The Birth of a Nation de Nate Parker

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Nous lui donnons : ★★★★☆

Acclamé au Festival Sundance tout en faisant jaser les critiques américains à propos de son sujet, l’équipe de Badachaboum – Paris avait beaucoup entendu parler du film The Birth of a Nation. Alors que nous avions beaucoup aimé 12 Years a Slave mais moins accroché à Free State of Jones, nous avons décidé de nous rendre dans les salles obscures pour nous faire notre propre idée sur ce nouveau film qui parle de l’esclavage aux Etats Unis.

Trente ans avant la guerre de Sécession, aux Etats-Unis, Nat Turner est un esclave prédicateur cultivé. Sam Turner, son propriétaire, choisit de tirer profit de ses talents afin de discipliner les esclaves récalcitrants. Baladé de parcelles en parcelles et témoin des atrocités subies par son peuple, Nat décide de le libérer…

L’histoire de The Birth of a nation est inspirée de la véritable histoire de Nat Turner, ce prêcheur esclave qui se rebella contre ses maîtres. Le film réalisé – et joué – par Nate Parker nous semble très réaliste : en effet, le jeu des acteurs, les décors ainsi que les costumes ou encore la musique nous transportent assurément dans les Etats-Unis d’avant guerre. Par ailleurs, la vie telle qu’elle est représentée par Nate Parker nous semble fidèle au quotidien que pouvaient mener les gens de cette époque. Nous pensons d’ailleurs que c’est cette fidélité au quotidien qui entraîne certaines longueurs dans le film. Ces dernières nous paraissent néanmoins inévitables car elles nous permettent de comprendre l’évolution psychologique de l’esclave rebelle. Nat assiste effectivement aux terribles traitements infligés aux siens, atrocités qui sont particulièrement mises en avant par la rupture que cela produit dans son quotidien. Il mène d’ailleurs une vie presque tranquille pour un esclave car il a la chance d’être traité plutôt décemment par son maître avec lequel il a grandi.
Nous avons trouvé particulièrement intéressant la manière dont le film traite de la violence et des rapports entre les esclaves et leurs maîtres. Le réalisateur semble effectivement trouver des excuses au comportement de Sam Turner qui se met à maltraiter ses esclaves alors qu’il tente désespérément de redonner une prestance sociale à sa famille. Cela ne justifie, bien évidemment, en rien ses actions mais nous avons le sentiment que le réalisateur souhaite ici mettre en évidence le fait que chacun agit selon une logique personnelle, qu’il est parfois difficile à comprendre mais qu’il y a souvent une raison à toute action humaine. La violence des maîtres est ainsi gratuite et nous comprenons le malaise de Nat à son égard tout comme la rébellion qui en découle. En revanche, cette rébellion est d’une violence impressionnante (60 esclavagistes ont été tués en 48 heures), ce qui nous dérange finalement presque autant que celle dont peut être capable l’autre camp. On en arrive à se demander si ce n’est pas la société qui entraîne la violence et on rejoint Plaute avec son idée que « l’homme est un loup pour l’homme ».
Les images du film sont belles, les acteurs sont particulièrement convaincants dans leur rôle et la musique se marie à merveille avec l’atmosphère du film. Nous avons été ainsi particulièrement marquées par la superposition des images d’esclaves pendus à la chanson de Billie Holiday, Strange Fruit, célèbre réquisitoire contre l’esclavage et plus particulièrement contre les violences subies par les sud-africain aux Etats-Unis.

L’équipe de Badachaboum – Paris vous conseille donc The Birth of a Nation. Bien que nous puissions reprocher certaines longueurs au film, sa réalisation nous a semblé très intéressante en plus de traiter un sujet important.

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